

OUVREZ LES YEUX sur le canton de Clairvaux-les-Lacs, la Communauté de Communes du Pays des Lacs et le département du Jura
piard | 24 juin, 2008 17:33
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Notre sénateur, conseiller général et président de la communauté de communes Gérard BAILLY, est actuellement "titillé" dans la presse locale pour ce qui concerne son action en matière de "recrutement" politico-religieux. Dans le cadre de la liberté d'expression, il m'apparaît indispensable, comme catholique pratiquant, de vous faire part de mon point de vue.... |
Notre sénateur, conseiller général et président de la communauté de communes Gérard BAILLY, est actuellement "titillé" dans la presse locale pour son action en matière de "recrutement" politico-religieux.
Dans le cadre de la liberté d'expression, il m'apparaît indispensable, comme catholique pratiquant, de vous faire part de mon point de vue.
En préambule, et c'est indispensable, il est bon de rappeler à mes lecteurs et surtout aux libres penseurs en particulier (cf article du Progrès du 23 juin 2008), quelques principes généraux qui guident l'Eglise en matière politique.
Les fidèles laïcs ne doivent pas renoncer à participer à la vie politique
Il faut savoir qu'il ne s'agit pas, pour les catholiques, de conquérir l'Etat. Le pouvoir, dans la perspective chrétienne ne se prend pas, il se reçoit. La stratégie évangélique est au contraire de rendre le discours de l'Eglise public et attirant, et non de l'imposer aux consciences. Il est d'abord culturel avant d'être politicien.
Pour Jean-Paul II, puis pour Benoît XVI, il n'est pas question pour les fidèles laïcs de renoncer à participer à la vie politique.
Voici d'ailleurs comment, le premier, dans son exhortation apostolique CHRISTIFIDELES LAICI du 30 décembre 1988, voit l'exercice du pouvoir politique :
"L'exercice du pouvoir politique doit se baser sur l'esprit de service qui, joint à la compétence et à l'efficacité nécessaires, est indispensable pour rendre «transparente» et «propre» l'activité des hommes politiques, comme du reste le peuple l'exige fort justement. Cela requiert la lutte ouverte et la victoire contre certaines tentations, comme le recours à des manoeuvres déloyales, au mensonge, le détournement des fonds publics au profit de quelques-uns ou à des fins de «clientélisme», l'usage de procédés équivoques et illicites pour conquérir, maintenir et élargir le pouvoir à tout prix"
Que l'on soit croyant ou non, il me semble que l'on ne peut que souscrire à ce discours.
Ils entérineraient une forme de laïcisme intolérant, ceux qui, au nom de la conscience individuelle, voudraient voir dans le devoir moral qu'ont les chrétiens d'être cohérents avec leur conscience, un signal pour les disqualifier politiquement et leur refuser le droit d'agir en politique conformément à leurs convictions sur le bien commun.
L'Eglise qui, en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond d'aucune manière avec la communauté politique et n'est liée à aucun système politique (il y a des catholiques dans tous les partis), est à la fois le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine.
Vivre et agir politiquement en conformité avec sa conscience ne revient pas à un entérinement servile de positions étrangères à l'engagement politique ou d'une forme de confessionnalisme. C'est plutôt, l'expression par laquelle les chrétiens offrent leur contribution cohérente pour qu'à travers la politique s'instaure un ordre social plus juste et plus adéquat à la dignité de la personne humaine.
Enfin, contrairement à une opinion très répandue, la mission de l'Eglise ne consiste pas à dire ce qui doit être en politique, mais ce qui ne doit pas être.
Monsieur Gérard BAILLY et moi-même n'avons pas le même sens du bien commun et ne concevons pas l'exercice du pouvoir politique de la même manière
Ceux qui s'étonneraient des querelles politiques entre les deux catholiques pratiquants que nous sommes rêvent d'un unanimisme politique. En effet, saint Thomas, avec son réalisme, est cruel avec ceux qui espèrent un monde sans conflit où chacun serait spontanément d'accord avec tous. Pour lui, les antagonismes politiques sont légitimes : "la discorde ne contrarie que par accident le bien divin et le bien du prochain […]. A moins qu'elle ne manifeste une obstination coupable, elle n'est pas un péché"
Ceci étant dit, j'ai bien peur que "l'appel aux élus" de Gérard BAILLY de rallier l'association existante ou en création "Chrétien élu public" ne soit pour lui qu'un moyen de plus de faire parler de lui, une nouvelle fois aux frais des contribuables. Il serait d'ailleurs bon qu'il nous précise comment il envisage le financement de son action.
En tout état de cause, un financement sur les deniers publics (avec ses indemnités parlementaires par exemple), serait inacceptable aux yeux de l'ensemble de son électorat qui représente certainement toutes les croyances et des athées. Nous reparlerons certainement de cet aspect lorsque nous en saurons un peu plus.
Dans tous les cas, il sera bon de connaître les statuts de cette association.
Au lieu de réfléchir sur les grands problèmes de société, les bibliothèques sont remplies de telles études, Monsieur Gérard BAILLY serait bien inspiré par commencer à réfléchir sur les grands problèmes de son canton et de la communauté de communes et ils ne manquent pas. C'est avant tout cela le bien commun.
Quant à l'engagement chrétien, c'est avant tout et essentiellement dans sa vie publique ou privée de tous les jours où il s'efforcera d'être exemplaire, que l'élu public en rendra le mieux témoignage.
Malheureusement, dans le cloisonnement qu'opèrent beaucoup d'homme politiques entre leur engagement public et leur vie privée, n'y a-t-il pas, au-delà des raisons idéologiques, la peur plus ou moins consciente de perdre la face faute d'unité entre ce qui est proclamé et ce qui est vécu ?
Catholique pratiquant comme lui, je ne partage donc pas avec Monsieur Gérard BAILLY et loin s'en faut, le même sens du bien commun ni la même conception de l'exercice du pouvoir politique.
Pour moi "l'esprit de service" ou "bien commun" passe par la transparence, l'honnêteté, l'équité, la vérité et le désintéressement.
Quant à l'exercice du pouvoir politique, indissociable pour moi de l'esprit de service, ce n'est pas toujours plus de mandats ou de "casquettes" trop longtemps mais bel et bien un seul mandat limité dans le temps.
Pour terminer, j'offre donc bien volontiers, sans me faire d'illusions, les colonnes de mon blog à Gérard BAILLY afin qu'il puisse y exercer son droit de réponse, non pas par téléphone comme il le fait très souvent pour éviter les écrits, mais d'une manière transparente pour la clarté du débat et l'information des citoyens.
Naturellement, c'est également avec grand plaisir que j'accueillerai les réactions de toutes les personnes, croyantes ou non, qui désireront s'exprimer sur ce sujet.
PIERRE | 18/07/2008, 11:24
Fonctionnaire à Bercy et croyant, je pense que tous les chrétiens, à condition qu'ils soient véritablement croyants, doivent pouvoir se mettre d'accord sur ce qu'est la justice dans toutes les situations en y passant le temps nécessaire. La justice est une vertu cardinale, la foi une vertu théologale: qui peut le plus peut le moins: c'est comme cela , à mon avis, que nous arriverons enfin à l'unité des chrétiens. Que Dieu nous inspire!
Pierre Godicheau
" L'excès de politique nuit gravement à la santé économique "
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Réponse à Pierre
piard | 22/07/2008, 20:49
Je partage tout à fait votre opinion. Cependant, pour se mettre d'accord, il faut vouloir dialoguer et savoir écouter, ce qui n'est malheureusement pas le cas actuellement pour monsieur Gérard BAILLY qui refuse systématiquement tout dialogue avec quelqu'un qui ne pense pas comme lui malgré toutes les occasions qui lui sont offertes. Dommage !