

Ouvrez les yeux sur le canton de CLAIRVAUX-LES-LACS, la Communauté de Communes du Pays des Lacs et le département
piard | 02 juillet, 2008 16:14
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Le 23 juin 2008, se sont tenues au CARCOM de Lons-le-Saunier "les assises du numérique" concernant le haut débit en présence de nombreux élus du "grand Est de la France". En voici une synthèse ainsi que mes commentaires qui y sont associés ......... |
Lancées le 29 mai dernier, les Assises du numérique se déclinent depuis
en ateliers thématiques, soit locaux soit nationaux. Les débats et
propositions de ces diverses rencontres nourrissent le travail
gouvernemental pour le lancement d’un plan national du très haut débit.
La FNCCR et le SIDEC Jura ont co-organisé un atelier "Grand Est" à
Lons-le-Saunier, lundi 23 juin. Synthèse.
Le très haut débit pour tous ?
Pour Gilbert Blondeau, président du Syndicat mixte d'énergies, d'équipement et de e-communication du Jura (SIDEC),
qui observe une "montée en puissance des débats autour du haut débit",
il y a "urgence" à ce que les collectivités, particulièrement celles
qui sont responsables de services publics en réseau, se saisissent du
dossier du très haut débit. C’est un dossier très important, confirme Gérard Bailly, sénateur du Jura et vice-président du conseil général, "sans doute aussi important que le fut en son temps celui de l’électrification".
Les témoignages montrant la nécessité d’irriguer les territoires en haut et très haut débit se multiplient. Ainsi à Mont-sur-Monnet
dont le maire, Gérard Mauborgne, indique "ne disposer que d’une
connexion de 24 kbits/s alors que de plus en plus de services publics
ne sont accessibles que par internet". Et Gérard Bailly de souligner
qu’il reçoit de nombreuses lettres ou demandes d’entreprises, de
mairies mais aussi d’agriculteurs: "leurs dossiers PAC sont transmis
par internet. Il faudra aller dans les fermes !" Les collectivités,
initiatrices de nombreux réseaux d’initiative publique (RIP) doivent
donc se saisir du dossier du très haut débit. Le sénateur du Jura
affiche ici sa confiance: "on a réussi l’électricité, l’eau,
l’assainissement… il n’y a aucune raison que nous ne réussissions pas
le haut débit!"
De fait, le Conseil général, dans le cadre d’une délégation de service
public, déploie actuellement un réseau de fibre optique fédérateur. «
Toutes les villes de plus de 5.000 habitants seront desservies,
explique Jean-Claude Servillat, conseiller général, pour permettre le
dégroupage de l’ensemble des "centraux" (ou NRA - noeud de raccordement
d'abonnés) de France Télécom". D’ici quelque six mois, 95 à 96% de la
population devrait avoir accès à des offres ADSL dégroupées et
concurrentielles. Il faudra aller plus loin, poursuit-il, vers le très
haut débit : la fibre chez l’abonné (particulier ou entreprise). C’est
une "vision porteuse d’avenir car elle dessine de nouvelles
opportunités industrielles, de nouveaux services, y compris les
services publics". Dans cette perspective, il se félicite de la
coopération qui se noue entre le département et le Sidec, propriétaire
des réseaux de distribution d’électricité. Après avoir investi pour
mettre fin à la première fracture numérique, celle du haut débit, il
est logique de se pencher sur la deuxième fracture numérique qui se
profile, celle du très haut débit.
Comment maîtriser les coûts ?
Premier enjeu : la maîtrise des coûts, les réseaux supposant d’importants investissements, notamment en génie civil.
Pour Jacques Pélissard, député-maire de Lons-le-Saunier et président de l'Association des maires de France,
deux pistes se dessinent : d’abord, celle d’un fonds de solidarité
national, "à l’image du Facé, au profit des territoires les plus
fragiles", idée portée par l’AMF, l’ARF, l’ADF et l’Avicca. Ensuite, la
réduction des coûts de génie civil, "une idée tout à fait pertinente de
la FNCR, lesquels représentent 50 à 80% du coût total du THD.
Jean-Michel Jeannin, directeur du Syndicat intercommunal d’électricité
de la Côte-d’Or (Siceco), indique à ce titre un surcoût de 10 à 15
euros pour la pose de fourreaux dans le cadre de travaux
d’enfouissement mutualisés. A comparer aux 30 à 50 euros que représente
la pose de ces mêmes fourreaux dans un chantier spécifique : un rapport
de un à trois... Le cadre juridique, observe-t-il cependant, n’est pas
encore véritablement défini, qu’il s’agisse de la propriété des
équipements ou de leur exploitation future. Les travaux de la FNCCR,
relayés par ses adhérents parlementaires, doivent permettre de
stabiliser ces questions "pour faciliter les synergies".
Tel est l’objet des amendements portés par Xavier Pintat, sénateur de la Gironde et président de la FNCCR,
souligne Pascal Sokoloff, directeur de la FNCCR: "il s’agit de donner
une base juridique à l’intervention des autorités organisatrices des
services publics d’eau, d’assainissement et d’énergie, sans qu’elles
aient forcément à se doter d’une compétence spécifique en
communications électroniques". Ce texte faciliterait l’apport de
fourreaux, voire de chambres de tirages, pour faciliter l’arrivée de
fibre optique, à des conditions de coûts remarquablement compétitifs.
Autre possibilité d’économie importante : l’utilisation du réseau
d’électricité aérien en basse et moyenne tension pour poser de la fibre
optique. La FNCCR a élaboré une convention ad hoc avec ERDF qui a
vocation à être déclinée par des accords locaux – à l’image de celui
qui vient d’être mis en œuvre dans la Nièvre. Et ce dispositif,
rappelle-t-il, est d’autant plus vertueux que l’opérateur télécom qui
utilise les supports du réseau électrique s’engage à participer
financièrement à l’éventuel enfouissement ultérieur et coordonné des
réseaux, sous le contrôle des communes ou de leurs groupements.
Pour Jean-Michel Blancheton, directeur du Syndicat départemental d'énergies de l'Indre (SDEI),
dans l’attente de la fibre optique, d’autres synergies avec le système
électrique peuvent avantageusement être explorées. C’est le cas des
courants porteurs en ligne (CPL) pour lesquels le SDEI a signé une
convention avec la communauté de communes Coeur de Brennes.
Jean-Bernard Constant, directeur des communications électroniques de
Cœur de Brenne, se félicite de ce partenariat qui a permis de compléter
une couverture du territoire en haut débit, également liée à un réseau
Wifi. C’est "assez complexe à mettre en place", concède-t-il, car il
faut des branchements dans chaque poste, des "répéteurs" tous les 50
mètres, ce qui induit une maintenance spécifique. Mais la technologie a
l’avantage d’irriguer le monde rural et, constate-t-il, de favoriser
l’émergence de nouveaux services : télé relève, domotique... Les CPL
ont également été expérimentés dans la Nièvre, à Lormes, à l’initiative
du Syndicat intercommunal d'énergie, d'équipement et d'environnement de la Nièvre (SIEEEN),
explique Guy Hourcabie, son Président. Si cette expérimentation a fait
ses preuves sur le plan technique, elle a été victime de la position de
France Télécom qui, après avoir indiqué que l’ADSL n’atteindrait pas ce
secteur, l’a finalement déployé pour concurrencer l’offre CPL.
"Economiquement, nous n’avons pas les moyens de lutter. Aussi
l’expérimentation se terminera-t-elle d’ici la fin de ce mois". Le
SIEEEN a également favorisé l’équipement d’antennes GSM sur des
pylônes, lesquels ont ensuite été dimensionnés pour permettre des
liaisons Wimax, complémentaires au RIP du conseil général (NiverLan).
Une nécessaire mutualisation des ressources
Pour favoriser le déploiement à moindre coût de réseaux de fibre
optique, la mutualisation des ressources s’impose. Cosignataire d’une proposition de loi relative au service public local du très haut débit,
Gérard Bailly estime que la législation doit évoluer pour contraindre
l’opérateur historique à transmettre les informations relatives aux
fourreaux dont il dispose: "on demande une transparence complète,
c’est-à-dire savoir ce qui existe et savoir ce que l’on peut en faire".
Pour Michel Chanel, premier vice-président du Syndicat intercommunal d'électricité du département de l'Ain (SIEA),
il convient de dresser l’inventaire des différents types de fourreaux
exploités par France Télécom: ceux datant d’avant 1996 et financés en
totalité ou en partie par les collectivités locales, ceux datant
d’après 1996 qui ont également bénéficié de l’intervention des
collectivités. "Les conditions d’occupation des fourreaux être
redéfinies, martèle-t-il. Ceux-ci doivent être remis à disposition des
collectivités, dans une logique d’intérêt général". Daniel Bonnet,
directeur régional de France Télécom estime que son entreprise
"applique les règles définies par l’Autorité de régulation des
communications électroniques et des postes (Arcep) et la Commission
européenne". Et "l’ouverture des fourreaux doit se faire dans la
réciprocité!"
Dans l’immédiat, d’autres solutions de mutualisation se dessinent. La
mise en œuvre de la convention FNCCR – ERDF dans la Nièvre a ouvert la
voie à l’utilisation des réseaux électriques basse et moyenne tension.
"Cela concerne un premier tronçon de 8,5 km, se félicite Guy Hourcabie,
et les travaux se déroulent bien".
La réduction des coûts par la mutualisation des ressources est aussi un
des éléments-clefs de la construction et du développement du réseau lumière à Besançon,
il y a près de 15 ans. Porté par plusieurs collectivités (ville,
département, région…) et services publics (hôpitaux, universités…), il
a bénéficié d’infrastructures diverses et nombreuses : égouts
visitables, gaines du plan câble, réseau d’éclairage public et, glisse
Denis Grandvuillemin, directeur adjoint au TIC de la ville de Besançon,
"la pose systématique de fourreaux lors de tous travaux de voirie". Les
réseaux d’égouts sont certes utilisables, tempère Laurent Coty,
ingénieur au service de l’assainissement, mais "certains sont
visitables et d’autres non visitables". Un inventaire s’impose. Il faut
tenir compte de contraintes spécifiques : impact des orages,
maintenance – qui peut parfois imposer de déposer les ouvrages. Il
renvoie à ce titre à la lecture du guide pratique des galeries multi-réseaux.
Si cet exemple est spécifique, car lié à un milieu urbain, il impose
cependant des pistes de réflexion : l’eau et l’assainissement sont des
réseaux publics présents dans toutes les communes, observe Alain
Mathieu, directeur du Sidec. On est au cœur de la problématique, celle
de la « nécessaire synergie entre tous les services publics ». C’est le
principe qui a guidé le SIEA dans son projet de construction d’un
réseau très haut débit dans 43 communes (et 80.000 habitants) de l’est
du département de l’Ain. Pour un investissement de l’ordre de 15
millions d’euros le Syndicat prévoit de construire 300 km de réseau, en
utilisant largement son réseau de distribution publique d’électricité.
Le coût, indique Michel Chanel, premier vice-président du SIEA, est en
effet de l’ordre de 30 euros du mètre linéaire, bien moindre que celui
d’un tracé qui recourrait au seul génie civil.
Cet exemple illustre le "formidable enjeu d’aménagement numérique du
territoire pour les 15 ans à venir, confirme Alain Mathieu. Il faut
aller du haut débit (les réseaux d’initiative publique - RIP) au très
haut débit : la fibre jusqu’à l’abonné". Le modèle économique des RIP,
basée sur un accès à 2 Mbits/s doit être complété par un autre modèle
économique, basé sur un accès à 50 Mbits/s. Dans le Jura, l’utilisation
des réseaux électriques pourrait conduire à un bâtir un projet de
l’ordre de 150 millions d’euros.
Face à de tels investissements, pour réduire les coûts, la question de
la péréquation doit être posée. A nouveau, la référence au FACE
s’impose. Il convient de "réfléchir à un fonds d’amortissement des
charges de desserte numérique, observe Guy Hourcabie, pour que le mulot
des villes puisse soutenir le mulot des champs". Pour Pascal Sokoloff,
il importe de réfléchir à une double assise géographique de la
péréquation. Pour favoriser l’efficacité de la mutualisation et de la
cohérence des réseaux d’initiative publique, "le bénéfice de l’accès à
un fonds de péréquation national pourrait être lié à la mise en place,
à l’initiative locale, d’une péréquation départementale ou
interdépartementale", avec un système qui s’apparenterait à un
bonus-malus.
Des propos bien reçus par Hervé Claudet, chargé de mission TIC du SGAR (Secrétariat Général pour les Affaires Régionales Franche Comté
qui s’est engagé à les faire remonter au gouvernement. "Il faut aller
vers une mutualisation départementale ou régionale des ressources,
a-t-il conclu, tout en évaluant l’attrait de nouvelles techniques de
déploiement", à l’image des possibilités offertes par les réseaux
d’électricité.
Je suis fort surpris de constater que, dans ce genre "d'assises" et en particulier dans celle du très haut débit (THD) dont vous venez de lire la synthèse, l'on ne donne pas la parole aux "vrais" spécialistes de cette question qui ont certainement beaucoup de choses intéressantes à nous dire. Peut-être a-t-on peur de leur intervention qui n'irait peut-être pas dans le sens souhaité ?
Par contre l'on remarque que ce sont des intervenants, le plus souvent "politiques" qui pour la plupart n'y connaissent rien, qui tentent de vouloir montrer à leurs électeurs qu'ils maîtrisent le sujet.
Pour le très haut débit en particulier, cest comme si des citadins organisaient dans le département du Jura des "assises de l'agriculture" au cours desquelles seraient évoquées les mesures agricoles à prendre concernant le département : ubuesque ! Monsieur gérard BAILLY serait le premier à dire, et il aurait raison, "ils n'y connaissent rien".
Messieurs les politiques jurassiens ayez l'humilité, mais c'est peut-être déjà trop tard, de prendre conseil auprès de personnes compétentes dont c'est le métier et qui vous éviteront de commettre des erreurs majeures, surtout dans des domaines très techniques comme l'informatique. De grâce, ne cherchez surtout pas à nous montrer que vous êtes omniscients, ce n'est pas le cas.
Dans un prochain article, je vous parlerai du très haut débit, de son intérêt, de sa problématique et surtout des coûts faramineux qu'il représente, surtout dans un petit département comme le nôtre.
Mon adage : " L'excès de politique nuit gravement à la santé économique "
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